Mercredi 16 juin 2010 3 16 /06 /Juin /2010 14:32

20980_311225299849_175630544849_3380325_3867610_n.jpg Karimouche n’est pas une simple chanteuse, c’est un phénomène artistique surprenant ! Un premier album, sorti récemment, et elle fait déjà couler beaucoup d’encre et de salive. Elle était déjà une star bien avant d’être propulsée sur la scène musicale, dit-on dans son entourage. Son caractère disjoncté, son franc-parler, sa rage de dire tout haut ce que ses semblables ressentent tout bas et sa délirante autodérision ont fait d’elle l’archétype même d’icône des sans voix.

Cette jeune artiste banlieusarde, ce qu’elle assume sans aucun complexe, mêle subtilement différentes musiques urbaines : hip-hop, slam, chanson française, electrip-hop, afro-blues, reggae, swing, etc. Les textes graves de Karimouche courent sur des rythmiques enjouées, avec cette idée que les décalages enrichissent l’aventure – celle du créateur comme celle de ses spectateurs. Elle passe sans transition, d’un style à un autre, d’une attitude à une autre, à vous donner le vertige ! Sur scène, elle danse, elle « rappe », elle chante, elle conte. Elle fait salle archicomble à chacune de ses productions.

Son premier album, intitulé « Emballage d’origine », qui suscite un large engouement est, en fait, le fruit de ses expériences artistiques et professionnelles puisqu’elle a eu à fréquenter divers univers artistiques, comme le théâtre et la couture entre autres. Un producteur la contacte et tout s’enchaîne : le disque est mis en chantier, une tournée des plus grand festivals commence et le public est conquis par son originalité. 

KARIM KherbOUCHE

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Par Karim - Publié dans : L'actu' de la chanson kabyle
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Vendredi 4 juin 2010 5 04 /06 /Juin /2010 19:59

Rim K miss france berbere 2010 Kenza Farah

Espace Reuilly, soirée du 6 mars 2010. Salle archicomble. Occasion : première édition de l’élection de Miss Berbère. 12 candidates en lice, originaires d’Afrique du Nord, sélectionnées par le comité Miss Berbère France parmi 500 candidates. Parmi les membres du Jury on retrouve des artistes de renommée internationale, tels Kenza Farah et Rim K.

Dans un bain de lumière et de couleurs de rêve, les candidates sont soumises à des épreuves où chacune a su conquérir le cœur du public à sa façon. Néanmoins, c’est la candidate n° 12, Kahéna Meghenini, âgée de 20 ans, future avocate spécialisée en droit des affaires à la Sorbonne, dont les parents sont originaires de Tadmaït, à Tizi Ouzou qui a, manifestement, ému davantage le public et le jury. En effet, sur une musique d’Idir, elle dédie au public un beau texte qu’elle a elle-même rédigé en hommage à la femme kabyle, à deux jours du 8 mars, tout un symbole !

La décision du jury n’a intervenu qu’après minuit pour désigner parmi les 5 candidates finalistes celles qui sera l’ambassadrice de la beauté et de la culture berbère durant l’année 2010. Finalement, c’est Kahéna Meghenini qui est élue Miss berbère 2010, le titre de la première dauphine est remis à Dahbia (21 ans, BTS Comptabilité) et la deuxième dauphine sera Aicha ( 25 ans, Assistante administration des ventes parfumerie).

Prenant la parole, la star de la chanson française, Kenza FARAH dira entre autres : « toutes les candidates étaient gagnantes ce soir là ». Quant au grand rappeur Rim K., il déclare être subjugué de voir « ses sœurs » se donner autant pour ce spectacle, impressionné par leur ambition, la détermination affichée et surtout l'importance qu'elles ont pu donner à leur travail. Pour une première édition, selon l’avis de tous, c’est une réussite totale sur tous les plans.

Karim Kherbouche

 

 

Par Karim - Publié dans : Femmes et société
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Lundi 9 février 2009 1 09 /02 /Fév /2009 00:00

DVD_yasmina_revoltee_av.jpg Lorsque l’on écoute pour la première fois Yasmina, l’on se demande quel est ce “petit quelque chose” qui nous attire chez elle. Sa belle voix remplie de tendresse nous réchauffe les cœurs et nous délivre, ne serait-ce que durant quelques instants, de notre quotidien morose, marqué par la violence, la haine et l’exclusion. Elle nous apparaît alors telle une fleur au beau milieu du désert. 
A l’instar de bien des chanteuses kabyles, la mélodie de Yasmina est toute simple à retenir, ses textes sont en revanche d’une poésie musicale. C’est ce qui rend difficile de trouver la nuance qui la différencie des autres. Pourtant, elle est bien différente. Au bout d’un certain moment, sans savoir comment, on s’identifie totalement à ce qu’elle chante et l’on découvre chez elle un sentiment intense, doux et amer à la fois qui lorsqu’il n’est pas reconnu, devient rebelle et récalcitrant. Comme tous les amoureux (euses), Yasmina la tendre, devient subitement en nous emmenant avec elle dans ses excursions sentimentales, une Yasmina révoltée, qui use de mots à la limite de la virulence pour dénoncer les siens et “se renier” carrément ! Elle n’hésite pas à leur lancer : “Ghas frurigh-d seg-wen, ttut-iyi d ayen !” (bien que je sois de la même souche que vous, oubliez-moi définitivement et effacez-moi de votre paysage). C’est un peu, une manière de réclamer cette “solitude à deux”, condition sine qua non, de l’épanouissement de ce sentiment noble qu’est l’amour. Tel un oiseau qui se cache pour mourir, l’amoureux “non reconnu” est alors en proie à la misanthropie, la mélancolie et à un sentiment assimilable à la mort, la mort de la raison, la mort de l’égoïsme, de la solitude et souvent la mort même de l’esprit humain.  
Du coup, ce type de chanson devient un baume au cœur, un refuge et un antidote de la souffrance intérieure, lot quotidien des êtres sensibles.  
De surcroît, Yasmina s’insurge contre une injustice, dont elle est victime par excellence en tant que femme, si bien que nombre d’observateurs de la scène artistique, la confinent dans le rôle de porte-parole de la gent féminine rôle qu’elle dépasse pourtant largement. 
En effet, que l’on soit homme ou femme, écouter Yasmina, c’est se sentir reconnu dans sa souffrance, d’autant plus, que si l’on évolue dans une société comme la nôtre, où l’amour est sujet à prohibition. C’est également apprendre à écouter son cœur, et cela fait du bien. La chanteuse Yasmina est l’équivalent de ce qu’est l’autodérision dans le théâtre. Si l’un nous fait rire de nous et de notre quotidien, l’autre transforme notre douleur amoureuse en volupté.  
Tout compte fait, le secret de notre admiration pour cette chanteuse est dans sa sincérité. Elle est elle-même à l’image de son art et la chanson semble lui coller à la peau. Elle est tout bonnement la voix du cœur. Ma foi ! heureux qui comme Yasmina ont compris que l’amour est un acte de don total, car ils triompheont toujours sur les préjugés de leur époque et ils restent convaincus que celui qui aime, a vaincu le monde, sans craindre de perdre quoi que ce soit. Enfin, Yasmina est également un exemple de femme-courage et d’espoir, car elle est de celles qui ont compris, qu’elles doivent prendre leur sort en main. Pour perpétuer son rêve d’artiste, elle a dû à un moment donné de son existence, quitter la chanson parce que, dit-elle, celle-ci “ne fait pas vivre”. Elle s’est lancée alors dans le commerce pour survivre et s’offrir les moyens matériels, afin de se faire une place dans le monde de la chanson constamment convoité par des mercantis de tous poils. Avec ses huit albums, un beau bouquet à offrir en guise de cadeau à l’être qu’on aime d’amour, Yasmina est plus que jamais une figure incontournable de la chanson sentimentale.

 

Karim Kherbouche   

Par Yiwen - Publié dans : Chanteuses kabyles
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Lundi 26 janvier 2009 1 26 /01 /Jan /2009 00:00

Vivant en région parisienne où elle est née une certain 21 juin 1985, Nabila Dali opte plutôt pour la chanson kabyle. En tant choriste, elle a eu l’occasion d’explorer divers genres musicaux qui l’ont enrichi à tous égards, tels que le r’n’b, pop rock, la soul … Elle est plusieurs fois montée sur scène et a participé à des émissions télévisées en compagnie d’artistes célèbres, à l’image de Corneille et Louise Bourgoin. Cette belle voix que les téléspectateurs algériens ont découverte à la télé, travaille actuellement d’arrache-pied sur son premier album. Elle nous en parle dans cette interview qu’elle nous a accordée.  

Que devient Nabila Dali ?

Et bien, je vis toujours en région parisienne. J’allais entrer en 3ème année d’anglais mais j’ai décidé de mettre mes études de coté pour donner une chance à ma passion pour la musique et enfin mener à bien ce projet de faire un album en kabyle. Je me suis inscrite aux cours de musique andalouse et je monte sur scène dès que je le peux, ça me rend très heureuse !

Justement, à propos de cet album, pourriez-vous nous en parler davantage ?

Je commence en effet à travailler sérieusement sur mes premiers titres. C’est un travail long et difficile mais j’ai la chance d’être aidée par Kamel Hamadi, grand parolier et grand homme de la chanson algérienne que je connais depuis que j’ai 16 ans. Je rêvais de travailler avec lui et le moment est arrivé. C’est vraiment un honneur, ça me donne envie de me donner à 1000%.

Ecrivez-vous vous-même vos chansons ?

Effectivement, j'écris et compose mes propres chansons depuis des années. Concernant les chansons qui seront sur mon album, j'essaie de m'entourer d'autres artistes.

Qu’est-ce que vous gardez de bon de votre participation à Elhane Wa Chabab 2007 ?

Elle est merveilleuse et restera gravée en moi jusqu’à la fin de mes jours. Elle m’a fait énormément grandir d’un point de vue artistique et humain. En fait, j’ai toujours chanté en kabyle mais je n’avais pas assez de connaissances de la chanson algérienne en général. En vivant 4 mois à Alger, j’ai appris plus de choses sur les différents styles, répertoires, sur nos artistes. Sur le plan humain, j’ai fait des rencontres magnifiques, celles d’artistes plus talentueux les uns que les autres qui sont devenus des amis.

Quel commentaire pourriez-vous faire de l’édition actuelle de cette émission ?

Lorsque nous avons participé à cette émission, nous ne savions pas vraiment comment les choses allaient se dérouler. La production voulait vraiment que cette émission soit à l’image des stars académies tout en gardant certains aspects de l’ancienne émission. C’était une première en Algérie, c’est ce qui a donné du piment à ce projet. Avec les autres candidats, on formait une équipe, une famille, et puis on a vécu ensemble bien avant l’école, pendant les castings.

Cette année, les candidats ont déjà l’avantage d’avoir eu un premier aperçu du déroulement de l’émission donc ils sont à l’aise et c’est vraiment bien. L’évolution est notable, il commence à y avoir la présence d’artistes occidentaux. On peut revoir certains profs de l’an passé et également l’ancien candidat Houari qui anime les quotidiennes, ça me fait plaisir de voir qu’il atteint ses objectifs car c’est un bon comédien. Cela dit, il y a peu de chansons kabyles et c’est bien dommage car ça empêche certains candidats de prouver leurs capacités dans le répertoire qui leur correspond.

Quelle est la chanson que vous aimez le plus interpréter ?

J’aime les chansons à texte et j’ai adoré chanter « Afalku » de Matoub, même si c’était à capella. C’est une chanson qui me bouleverse, elle raconte l’histoire d’un soldat qui trouve la mort pendant la guerre.

Avec quel chanteur célèbre souhaiteriez-vous chanter en duo ?

Chanter avec Idir serait un grand rêve.

Pourquoi donc ?

Parce que non seulement c’est un artiste complet, mais c’est aussi une figure emblématique pour tous les algériens. Il a réussi à promouvoir la chanson kabyle partout dans le monde et à lui donner tout le respect qu’elle mérite.

Merci Nabila.

C’est moi qui vous remercie. Un grand coucou à toute l'Algérie. Mes voeux les meilleurs pour 2009!  

 

Interview réalisée par Karim KHERBOUCHE

Les Nouvelles Confidences

Par Karim - Publié dans : Chanteuses kabyles
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Samedi 14 juin 2008 6 14 /06 /Juin /2008 00:00

Zaho est partie d’Alger pour le Québec en 1998, à l’âge de 18 ans et déjà elle fait parler d’elle sur la scène R&B et hip-hop internationale, notamment en France et au Canada !

 

Ses parents sont originaires d’Oran et sont instruits : le père est cadre, la mère est professeur à l’université. Elle a vécu dans un quartier populaire d’Alger. « J’étais la seule fille du quartier à jouer au foot avec les mecs, la seule à jouer de la guitare », se souvient-elle. Son père est un passionné de musique et l’encourage à apprendre à jouer de la guitare, ce qu’elle fait dès ses 7 ans. Elle s’inscrit ensuite à l’école des Beaux-Arts à Alger et poursuit ses études au Québec avant d’enregistrer les beaux titres « C’est Chelou », « Dima » (éternellement), « Kif n’dir » (L’impasse), tous des tubes écoutés en boucle par des milliers de fans à travers le monde.  

 

Nombre de ses chansons racontent la grande histoire d’amour entre elle et son pays l’Algérie dont elle s’est séparée. Cet attachement pour le pays natal se ressent notamment dans « Kif N’dir » où elle décrit avec beaucoup d’émotion la veille de son départ d’Alger. « Moi qui rêvais de quitter un jour mon pays pour aller voir d’autres horizons, je me suis rendue compte que ce n’était pas si évident que ça, finalement, et qu’on n’est rien sans ses origines. Après ce départ pour le Canada, j’étais un peu perdue. Ce titre est à la fois une remise en question, une introspection et l’expression d’une douleur très profonde », déclare-t-elle.

 

Outre Missy Elliot et MIA, Zaho est une grande admiratrice d’Idir à qui elle a écrit une chanson pour son dernier album. Elle dit à ce propos : « Idir, c’est quelqu’un que j’ai beaucoup écouté pendant mon adolescence, sans forcément comprendre ce qu’on chantait puisque c’était du kabyle. Il m’a longtemps accompagnée et me rappelle des périodes heureuses de ma vie. J’ai eu l’écho qu’il préparait un album. Et un jour, j’ai pris ma guitare, j’ai commencé à fredonner des trucs et je me suis dit  "je le verrai bien chanter ça !". Alors je l’ai écrit comme si c’était pour lui. Un soir, on est passé dans les coulisses d’un de ses concerts et j’ai chanté ça avec le trac, les mains moites et la bouche sèche. Il ne disait rien et moi ça me rendait de plus en plus nerveuse. Avant la fin de la chanson, il a demandé à ses musiciens de venir m’accompagner, m’a dit que c’était magnifique et j’étais soulagée. Mais je ne m’attendais pas à ce qu’il me demande de la chanter avec lui. J’ai été super touchée ! »

 

Karim Kherbouche

 

Par Karim - Publié dans : Chanteuses kabyles
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Jeudi 3 avril 2008 4 03 /04 /Avr /2008 00:00

Ce n’est nullement par hasard que la pétillante Djura est considérée comme ambassadrice de la cause et de la chanson féminines kabyles. Outre ses remarquables œuvres musicales, littéraires et cinématographiques, elle a le mérite d’avoir restée égale à elle-même et de dire tout haut et partout les revendications légitimes de ses concitoyennes.

En effet, malgré les multiples embûches que rencontraient les femmes pour choisir une carrière artistique ou pour aller à la fac, Djura a décidé de braver les interdits et d’aller jusqu’au bout de ses rêves. Après une maîtrise en Arts plastiques qu’elle a obtenue à l’université, elle s’est investie dans le cinéma comme réalisatrice. En 1976, elle réalise Ali au pays des merveilles qui traite de la condition des travailleurs immigrés. Après le succès de ce premier film, elle s’est mise à réaliser d’autres, tels que Algérie Couleurs et Ciné Cité.

Djura, de son vrai nom Djouhra Abouda, a également écrit deux ouvrages : Le voile du silence et La Saison des Narcisses. Le premier bouquin retrace le parcours d’une jeune kabyle condamnée à mort pour avoir pris un Français pour compagnon. En fait, cette jeune femme n’est autre que l’auteur de ce livre.

Djura est surtout connue sur la scène musicale où elle se distingue comme l’une des plus belles voix féminines. C’est en 1977 qu’elle a fondé le fameux groupe Djurdjura, un trio féminin qui, à l’époque où la World music n’était pas encore en vogue,  marie merveilleusement rythmes et mélodies du terroir avec une instrumentation occidentale et des influences jazz-rock. Les trois séduisantes chanteuses formant le groupe chantaient avec brio les femmes, la liberté, l’amour, l’Algérie, la joie et la douleur, etc., avec l’espoir de lendemains meilleurs. "Notre but était avant tout de faire émerger des revendications concernant la condition des femmes tout en fusionnant des influences musicales", dit Djura.

En 1986, le groupe Djurdjura devient … Djura. Dans son dernier, Uni-vers-elles (2002),  la diva appelle à la rescousse une pléiade de chanteuses et chanteurs de plusieurs nationalités et intègre une variété de genres musicaux des quatre coins du monde.

Aujourd’hui encore, Djura n’a rien perdu de sa vitalité et de son attachement à ses racines. Dans sa chanson « Alger la Blanche  », elle chante, sur un fond musical envoûtant, ces paroles o combien révélatrices de tout l’amour qu’elle voue pour son pays natal : « Alger a soif de prière/ Elle a envoyé ses enfants à la guerre/ Humiliée, méprisée, déifiée/ Oubliée, Piétinée/ Elle est la femme !/ (...) A toi l’enfant kabyle, touareg, d’Oran, de Constantine, des Aures…/ Toi l’enfant de mon errance/Dans ce désert d’innocence/Je vais te parfumer de sons berbères/ D’une musique sans frontière/ Pour que demain/ Ton cœur ne soit pas amer (…)".

Karim KHERBOUCHE

Par Karim - Publié dans : Chanteuses kabyles
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Vendredi 7 mars 2008 5 07 /03 /Mars /2008 00:00

Décidément, la condition des femmes en Algérie a connu un changement important et significatif. Certes, il reste encore énormément de travail à faire pour que la femme joue pleinement son rôle aussi bien dans la famille que dans la société mais on peut affirmer que, pour des raisons économiques sans nul doute, bien des tendances générales discriminatoires ont été bannies. 
Néanmoins, ce changement n’est pas sans entraîner de nombreuses interrogations, notamment sur le marché de travail qui s’ouvre de plus en plus à la gent féminine. Le patriarcat ne se manifeste pas qu'à travers des mentalités considérées comme résiduelles, mais il se nourrit encore d’une certaine volonté, voire d’un certain acharnement, à faire de la hiérarchie entre les sexes un ordre social. Enquête sur le terrain à Béjaia. 
 
Sois belle et tais-toi !
De nos jours, la contribution financière de chacun des membres de la famille, sans distinction de sexe, est plus que jamais une nécessité pour subvenir aux besoins de plus en plus nombreux. C’est la raison économique qui prévaut sur les considérations d’ordre morale ou autres. Pour cause, le besoin de travailler chez la femme ne se fait pratiquement pas sentir dans des familles dont la situation financière est prospère. En outre, bon nombre de femmes, notamment dans les zones rurales, n’ont pas encore accès au monde du travail, pour la simple raison qu’elles sont des femmes. Ce qui dénote toute la difficulté qu’éprouve notre société à intégrer dans ses mœurs ce changement.     
« Quoiqu’il en soit, je suis optimiste et j’ai confiance en l’avenir. Je crois que, dans les années à venir, les droits de la femme se rapprocheront de plus en plus du principe d’égalité. Une fois la sécurité totalement rétablie, je suis persuadée qu’il y aura plus de femmes qui s’impliqueront également sur la scène politique. Nous verrons les femmes accéder à toutes les fonctions jusqu’alors réservées aux hommes. Si nous continuons à ce rythme, nous arriverons sûrement à atteindre la parité entre les hommes et les femmes », soutient Saliha, avocate en formation, avant d’ajouter : « J’espère que ces mentalités évolueront et que nos filles et petites filles auront d’autres missions plus positives à remplir que de passer leur temps à se battre pour l’amélioration de la condition de la femme. J’espère aussi que nous aurons la possibilité de leur préparer le terrain pour cela ».
Le piston, ce que des hommes en pensent
« Malheureusement, chez nous, pour être recruté par une entreprise, il suffit de connaître quelqu’un de haut placé dans l’administration ou d’être une belle femme, on passe comme une lettre à la poste. Quant au critère de compétence, on s’en balance royalement ! Je suis diplômé universitaire, j’ai envoyé des dizaines de demandes d’emploi aussi bien aux entreprises publiques que privées. Si certaines me répondent par la négative, d’autres ne daignent même pas me répondre, pourtant j’ai toujours pris soin d’inclure une enveloppe timbrée libellée à mon adresse ! », accuse Noureddine. Il poursuit : «En tout cas, je suis sûr qu’il n’y a pas une femme qui a les mêmes diplômes que moi et qui chôme. C’est navrant que cela puisse se produire à l’heure de l’économie concurrentielle où tout est question de profit pour l’entreprise ». Son ami ironise : « Ben, tu n’as qu’à mettre à la place de ton celui d’une femme et de joindre à ta demande une photo d’un canon trouvée sur Internet et tu verras ! ».
Nul n’est sans savoir que ces propos ne sont propres à ces deux jeunes chômeurs que nous avons rencontrés dans un café à Sidi-Aich et qu’ils sont révélateurs de l’avis général de la gent masculine.     
Non, je refuse d’être une despesrate housewife !
« Comment peut-on avancer que les femmes bénéficient d’un favoritisme par rapport aux hommes pendant que, personne ne peut le nier, les femmes ne représentent encore qu’une infime minorité de la population active dans notre pays ! ? », s’interroge S. F., enseignante dans une école privée, à Akbou. « Il y a manifestement une volonté de faire des femmes un bouc émissaire afin de fuir le vrai débat sur le chômage », ajoute-t-elle. 
Nous avons pris langue avec des employeurs pour connaître leur avis sur le sujet. « Pour des raisons plutôt de rentabilité, je préfère recruter des jeunes femmes pour certaines fonctions comme cela se fait à l’échelle universelle », nous dit entre autres Gh. Malek, patron d’une société spécialisée en informatique.
Plus franc, B. Mohamed, cogérant d’une société, nous dira : « Si la composante de notre personnel est essentiellement constituée de jeunes femmes, c’est surtout parce que les jeunes hommes exigent des salaires plus importants que notre société n’a pas les capacités d’honorer ». Il pense que « cette méthode permet à sa société de fonctionner et à plus de personnes de trouver un emploi ». La forte demande fait que bien des employeurs peu scrupuleux ne se soucient guère des lois en vigueur régissant le monde du travail en Algérie, ni de la situation de leurs employés vis-à-vis de la sécurité sociale.  
« Je gagne 4000 DA le mois, je travaille à plein-temps, j’ignore encore si je suis assurée ou non », révèle Samia, employée dans une société privée. Mais, pour Fatiha, sa collègue,  « l’essentiel pour moi étant de gagner un salaire, aussi modique soit-il, et surtout de ne pas rester chez moi à me tourner les pouces. Pis, j’ai travaillé pendant des années comme adjointe d’éducation dans un collège dans le cadre du filet social, ma situation n’avait pas bougé d’un iota ». 
Les femmes vivant en zones rurales souffrent davantage du chômage, elles souhaitent que l’Etat leur viennent en aide pour qu’elles puissent exercer des activités chez elles même. Tout ce dont ces femmes ont besoin, c’est d’un peu d’égard, et elles sont convaincues qu’elles incarnent un potentiel humain à même de contribuer à donner un coup de pouce au développement du pays. 
 
Travailler et m’occuper de mon foyer, je ne sais où donner de la tête !
Constat : bon nombre de jeunes femmes travailleuses, notamment celles ayant un certain niveau scolaire, sont les victimes par excellence du célibat et de l’ambivalence des systèmes sociaux : entre le statut traditionnel de la femme au foyer et celui de la femme moderne qui souhaite jouer un rôle de citoyenne à part entière.      
Néanmoins, pour Souad, étudiante en sociologie, «entre travailler et être au diapason de la représentation que se fait notre société de la femme bien élevée, il faut simplement trouver le juste milieu. Ce n’est pas évident, je vous l’accorde, mais l’important, c’est surtout d’être soi-même satisfaite de sa manière d’être et de se comporter en société ».   
Par ailleurs, pour les femmes mariées, concilier vie professionnelle et responsabilités familiales n’est pas de tout repos. Les propos que voici de Madame A. F., 43 ans, candidate aux dernières élections municipales, illustrent on ne peut plus clair la difficile situation de la femme travailleuse : « Je suis responsable d’une entreprise et mère de trois enfants en bas âge. Mon mari est instituteur. Même s’il a plus de temps libre que moi, il ne fait rien pour me donner un coup de main à la maison. Pour lui, c’est un travail de femme que de s’occuper de la maison. Entre l’éducation de mes enfants, les tâches ménagères et le boulot, je n’ai plus le temps de me reposer, je risque de craquer ! ».  Elle avoue également que son mari se sent gêné depuis qu’elle gagne plus que lui. « Bien que je sois responsable d’une entreprise, à la maison, je redeviens épouse et maman et je ne fais jamais le chef avec mon mari ! Maintenant il commence à comprendre que si je gagne plus que luicela  ne change rien en notre relation et ça va de mieux en mieux entre nous », ajoute-t-elle.      
   
L’espoir au féminin pluriel
Le monde du travail devient de plus en plus mixte. Notre société saisit que la femme constitue la réponse même à la problématique de développement et son rôle est crucial dans le changement social. Même s’il est vrai que l’activité féminine se limite encore à certains domaines, on ne peut nier toutefois la présence de nombreux signes avant-coureurs de lendemains meilleurs pour les femmes.
 Karim KHERBOUCHE

Par Karim - Publié dans : Femmes et société
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Vendredi 7 mars 2008 5 07 /03 /Mars /2008 00:00

Cela fait treize ans, jour pour jour, que nous quittait la figure emblématique de la chanson kabyle sentimentale, Zohra. A cette occasion, l’association culturelle Asurif, en collaboration avec la Maison de la Culture Mouloud Mammeri de Tizi Ouzou, lui a rendu un vibrant hommage du 19 au 22 janvier 2008. Outre les manifestations culturelles ayant drainé un public nombreux, une gerbe de fleurs a été sur la tombe de Zohra, dans un moment de mémoire et de recueillement.

C’est en janvier 1995, après avoir donné un concert, que Zohra mourut tragiquement à l’âge de 32 ans dans un accident de voiture sur la route de Paris-Marseille. A bord du véhicule, elle était en compagnie d’amis proches, tel que le célèbre musicien Allaoua Le Blond. Ce dernier raconte : en raison de la météo qui ne cessait de se gâter, nous n’avions pas l’intention de rentrer ce soir-là. Mais, Zohra insistait pour qu’on aille sur Marseille. Nous lui avons déconseillé de voyager dans de telles conditions météorologiques mais elle ne voulait rien attendre. Nous avons fini par accepter de l’accompagner. En cours de route, elle n’a pas arrêté de nous parler d’artistes décédés à l’image de Ahcène Mezzani, comme si elle avait un pressentiment qu’elle allait les rejoindre dans très peu de temps. Nous roulions difficilement en raison du brouillard et du verglas. Tout à coup, au petit matin, alors que nous avons fait un bon bout de chemin, la voiture glissa et le conducteur perdit son contrôle. Tout se produisit en quelques secondes. Sans nous rendre compte de ce qui s’est produit, le véhicule à bord duquel nous étions se retrouva sur le bas côté de la route. Zohra inerte, ne respirait plus et elle ne répondait pas à nos appels, ce fut tragique, on n’en revenait pas !         
La vie de la fille d’Aguemoune ressemblait à toutes celles des filles villageoises de Kabylie de l’époque. Elle apprit tôt les tâches ménagères, la récolte des figues et des olives, le jardinage, le travail de la laine, etc. Elle aimait aussi la lecture bien qu’elle n’ait jamais fréquenté l’école et elle adorait la musique. Comme toute femme kabyle qui se respecte, son lieu de prédilection était la fontaine du village où elle se retrouvait avec les filles de son âge pour discuter de tout et de rien. On dit qu’elle préférait écouter les autres plus qu’elle ne parlait.
Néanmoins, cette ambiance bon enfant propre aux Montagnes de Kabylie s’écroula vite pour elle quand, en 1980, à l’âge de 18 ans, elle se maria, eut une fillette et divorça très tôt. Elle se remaria quelque temps plus tard, elle eut une autre fillette et divorça une deuxième fois. Ce fut comme un choc chez cette femme à la sensibilité à fleur de peau. En 1982, elle sortit son premier album qui rencontra un retentissant succès. Femmes et hommes, tout le monde se retrouva dans ses belles chansons qui firent d’elle une porte-parole de la femme algérienne en général et kabyle en particulier. Elle sut mêler délicatement mélancolie, tendresse et révolte de femme contre l’ordre établi, tout en prenant soin d’insuffler l’espoir dans le cœur de ses auditrices. Tout était fidèle à l’image de l’individualité de cette talentueuse artiste autodidacte.  
Aujourd’hui encore, Zohra –que Dieu l’accueille dans son vaste paradis- continue d’exercer une influence remarquable sur la chanson kabyle féminine. Bien des jeunes chanteuses rêvent de marcher dans son sillage. En seulement 15 ans de carrière, elle nous a légué un florilège de 36 chansons qui en disent long sur sa vie tumultueuse. Elle écrivait et interprétait ses chansons en y mettant tout son cœur, c’est pourquoi elles touchent les cœurs de ceux même qui ne comprennent pas la langue dans laquelle elle chante. Qui n’a pas savouré la beauté des textes, entre autres, de « A lwerd yefsan », « Ayen ayen », et toute la chaleur que dégage sa magnifique voix ? C’est le plus beau cadeau qu’elle a décidé de nous offrir avant de s’éclipser à jamais.    
Repose en paix, Zohra, tu es plus que jamais présente dans nos cœurs.     
Karim KHERBOUCHE

Par Karim Kherbouche - Publié dans : Chanteuses kabyles
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Mardi 22 janvier 2008 2 22 /01 /Jan /2008 00:00

Le rêve de la ravissante Sarah Boubrit, lycéenne de Tizi Ouzou, vient enfin de se réaliser. Après avoir raté de si peu le titre de Miss Kabylie en 2006, concours durant lequel elle a été élue 2ème dauphine, la voilà porter la couronne tant convoitée en ce 10 janvier 2008.
Juste après son élection, nous l’avons approchée dans les coulisses. Elle savourait encore sa victoire avec sa famille et ses amies. Elle a répondu à chaud à nos questions.     
Vous venez d’être couronnée Miss Kabylie 2008, quelles sont vos impressions ?
Je suis la femme la plus heureuse au monde ! (rire) Je ne trouve pas les mots pour exprimer ma joie.
Vous attendez-vous à ce succès ?
Pas vraiment. Certes j’ai participé dans le but de porter la couronne de Miss Kabylie mais je suis venue beaucoup plus pour m’amuser, quoi ! Comme vous pourriez le constater je me suis bien régalée ! Je garderai beaucoup de bons souvenirs de cette singulière expérience.
A votre avis, qu’est-ce qu’il faut pour être élue Miss ?
Il faut avoir de la personnalité, du caractère, être une fille de bonne famille, rigoureuse et disciplinée. Il faut aussi savoir faire bonne impression.
Qu’est-ce que ça vous fait de représenter aujourd’hui la beauté kabyle ?
Je suis fière et contente.
Dans quel domaine aimeriez-vous évoluer ? Quels sont vos projets ?
Maintenant, j’ai davantage plus de confiance en moi et je me sens plus mûre. Je vais continuer dans ce domaine-là, c’est-à-dire représenter la beauté kabyle lors des concours nationaux et pourquoi pas internationaux. Ce sont de nouvelles portes qui s’ouvrent sur ma vie. 
Avez-vous eu des difficultés pour participer à ce concours ?
Bien au contraire, c’est tout le monde qui m’a encouragée à y participer, notamment ma famille.
Etes-vous sportive ?
Oui, j’ai fait du handball et du karaté. Je suis également championne et vice championne de wilaya des jeux d’échecs.
Que faites-vous dans la vie ?
Je passe mon bac cette année.
Nous vous souhaitons bonne chance ! Un mot pour conclure ?
Je remercie toute l’équipe organisatrice, à leur tête Mourad et Fériel. Ma maman, mes amies, madame Achab et tous les présents.      
Entretien réalisé par Karim Kherbouche

Par Karim Kherbouche - Publié dans : Chanteuses kabyles
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Samedi 29 décembre 2007 6 29 /12 /Déc /2007 00:00

Lynda Koudache, poétesse

C’est à Ighil Ali que nous l’avons rencontrée lors de la vente-dédicace de ses deux recueils de poésie L’Aube vierge et Lligh weqbel ad iligh, Lynda Koudache, la poétesse à la sensibilité débordante et au verbe suave, a bien accepté de répondre à nos questions avec toute la gentillesse que nous lui connaissons.

La Dépêche de Kabylie : Présentez-vous à nos lecteurs…
D’abord, je suis contente d’être ici au village de Taos et de Fadhma Nait-Mansour Amrouche, deux grandes dames pour lesquelles j’éprouve une admiration sans bornes. Sur ce, je viens de réaliser un rêve qui me tenait à cœur depuis des années!
Pour revenir à votre question, Lynda Koudache est une poétesse du village Ait-Boumehdi, de la Haute Kabylie. Dans la vie, je suis photographe de formation. En septembre 2001, j’ai contribué à un recueil de poésie collectif intitulé Comme une forêt de maudits édité au Petit-Pavé en France. En 2003, j’ai édité en Algérie L’Aube vierge qui est un recueil de poésie en français et en 2005, j’ai publié un autre recueil de poésie en berbère intitulé Lligh Weqbel ad iligh.
Par ailleurs, j’ai participé récemment au festival du film amazigh à Ghardaia. J’ai eu alors l’honneur de déclamer avec Amine Zaoui, Rabiaa Djelti, et bien d’autres talentueux poètes. J’ai également pris part au premier festival de poésie féminine organisé à Skikda, et à nombre d’activités culturelles. L’an dernier, j’ai été choisie comme membre de jury lors des poésiades de Si Mohand Ou M’hend à Tizi Ouzou.
Parlez-nous des thèmes que vous abordez dans votre poésie…
Il y a en premier lieu la paix qui est la condition sine qua non de tout espoir de vie. Evoquer la paix, c’est aussi parler de la femme, de l’enfant, de la liberté, des droits des humains, et j’en passe.
La condition des femmes est assez récurrente dans votre œuvre ; vous réclamez-vous porte-parole de la femme kabyle ?
J’ignore si, à travers la poétesse que je suis, j’incarne mes concitoyennes. Je ne suis pas sans savoir que ce n’est nullement une tâche facile et j’avoue que cela n’a jamais été mon dessein. Il me semble qu’à chaque femme kabyle une façon à elle de s’exprimer. Si certaines, comme moi, trouvent dans la poésie un moyen idéal pour dire leurs sentiments profonds, d’autres en revanche préfèrent s’exprimer à travers le tapis, la poterie, etc, et je trouve cela aussi génial !
Pourquoi le choix d’écrire dans deux langues ?
A vrai dire, ce n’est guère un choix. C’est quelque chose qui vient spontanément. C’est vrai, j’ai commencé à écrire en français. Ensuite, je me suis initiée également à l’écriture en tamazight. Ce n’est pas une conversion, ni un quelconque sentiment de dualité culturelle. Loin s’en faut. Les deux langues cohabitent en moi en toute harmonie. Je me laisse totalement guidée par mon inspiration. De plus, la langue berbère a toujours été une langue d’ouverture qui respecte les autres langues. Au fait, la poésie n’a pas de langue. Ceci dit, je trouve que c’est extrêmement important d’écrire dans notre langue, le tamazight.
Où et quand prenez-vous votre inspiration ?
En fait, c’est l’inspiration qui me prend ! C’est quelque chose d’ésotérique et d’amphigourique. Habituellement, j’écris pendant la nuit. L’idéal est que moi et l’inspiration soyons toutes les deux présentes. Car il y a des moments où je veux écrire, mais la muse est absente et des moments où la muse est présente et moi absente. Quant au lieu, j’aime écrire souvent à la maison. Ceci dit, à titre d’exemple, ce beau paysage (d’Ighil Ali) m’inspire !
Qu’insinuez-vous par Lligh weqbel ad iligh, le titre de votre recueil de poésie kabyle?
Je voudrais simplement dire que nous sommes des êtres humains avant d’êtres des femmes et ce, avec notre sensibilité, notre raison et notre susceptibilité de corriger nos défauts. Femmes et hommes, nous sommes d’abord des humains et, de fait, égaux.
Un dernier mot pour conclure…
Je pense que le meilleur hommage qu’on puisse rendre à Taos, Jean et Fadhma Nait Mansour Amrouche est de les lire ainsi que de saisir leur message et le sens de leur combat. Marcher dans leur sillage, c’est le rêve de tout artiste.

Karim Kherbouche
La Dépêche de Kabylie 12 avril 2006

Par Yiwen Akken - Publié dans : A vos plumes !
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Samedi 29 décembre 2007 6 29 /12 /Déc /2007 00:00

Sheryfa Luna, la gagnante de l’édition 2007 de Popstars, vient de sortir son premier album audio qu’elle a intitulé Quelque Part. La chanson qui porte le titre de l’album est illustrée par un vidéoclip époustouflant, lequel a été tourné à Paris dans le 19e arrondissement et réalisé par Yvan Grbovic qui est, rappelons-le, le réalisateur de nombreux vidéoclips à succès d’artistes de renommée mondiale, tels que Vitaa, Diam's, etc. On y retrouve Ibtissame, l’ancienne colocataire de Sheryfa, et des membres de son crew de danse préféré, le Wanted Posse.  

Le titre éponyme de cet album est évocateur à plus d’un titre. Sur D'ailleurs, Sheryfa évoque fortement son attachement à ses origines algériennes. Ces origines que son père, venu très jeune de Kabylie pour travailler durement afin de subvenir aux besoins de sa famille, n’a pas eu le temps de les lui faire connaître. On le comprend parfaitement en écoutant Je T'aime où notre star recherche un lien qu'elle n'a pas eu avec cet homme arrivé en France à 19 ans, tous deux bloqués par un mur affectif. L’album contient également d’autres beaux titres sur des thèmes variés qu’elle interprète avec sa voix d’une suavité exquise.  

Karim Kherbouche

Par Yiwen Akken - Publié dans : L'actu' de la chanson kabyle
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Lundi 28 mai 2007 1 28 /05 /Mai /2007 00:00

Ceux qui ont donné à Hanifa le surnom d’Edith Piaf de la chanson kabyle ne se sont pas trompés. Outre la ressemblance frappante des thèmes de leurs chansons, les parcours des deux femmes eurent beaucoup de points communs : échecs successifs en mariage, errance, foyer désunis, bohème, incompréhension de la société, déchirement, et j’en passe.

A tout cela s’ajoute, pour Hanifa, le mariage forcé qui la poussa à la fugue et puis à une sorte de révolte contre l’ordre établi : au moment où, en Kabylie et partout en Algérie, il était mal vu même d’écouter la radio en famille, Hanifa, défiant les interdits, chantait et exprimait en public et sans retenue ses goûts, ses envies de femmes et les plaisirs de la vie. Elle était une artiste-née et en avance sur son époque.

Le succès fut d’ailleurs vite fulgurant notamment auprès de la gent féminin qui l’écoutait et apprenait ses chansons en cachette. Le charme de sa beauté et la suavité de sa voix la rendirent incontournable sur la scène musicale. Néanmoins, ceci n’a pas eu que de positives répercussions sur sa vie, bien au contraire.

A l’âge de 18 ans, elle fut mariée de force par son papa à un ami à lui qui la dépassait de 12 ans. L’union ne dura pas longtemps, la jeune femme décida de fuguer parce que son mari, un homme jaloux, la battait sans cesse. A son retour au bercail, elle retrouva sa famille dans une ambiance délétère : ses parents se disputaient en permanence. Les choses empiraient de plus en plus : son frère, son unique confident, convoyeur de l’armée, mourut ; son père se remaria…

Alors, en compagnie de sa maman, elle retourna à Alger où elle avait déjà habité avant avec sa famille. Elle se remaria et divorça quelques temps plus tard avec une fille en bas âge à sa charge.

L’artiste en proie aux multiples difficultés se vit obligée de travailler pendant un certain moment comme bonniche pour subvenir aux besoins de sa fille et de sa mère. Son habitation de fortune, elle partageait avec Chérifa, l’autre pionnière de la chanson kabyle féminine. Hanifa se remaria une troisième fois avec un homme riche mais, encore une fois, ce mariage sera de courte durée. Troisième divorce, de nouvelles blessures.

Malgré la misère, Hanifa tient à son rêve : un jour, dans les années 50, elle décida de tenter sa chance à la chaîne kabyle de Radio-Alger. Avec un coup de pouce du célèbre Cheikh Noureddine, chanteur et animateur, qui tomba illico sous le charme de sa voix, elle put chanter pour la première fois en direct et participer à la chorale féminine.

En 1957, elle s’envola pour la France, à Paris plus exactement, où elle rencontra beaucoup de talentueux artistes algériens de l’époque et se produisit dans des cafés. On dit que Hanifa n’avait jamais eu un chez soi aussi bien en Algérie qu’en France. La chanson ne lui avait rien apporté sur le plan matériel, sinon pas grand-chose. C’est dans une chambre d’hôtel qu’on la retrouva morte en 1978, des suites d’une maladie. Elle sera retenue à la morgue durant un mois avant que sa dépouille mortelle ne soit rapatriée et enterrée au cimetière d’El-Alia. Hanifa disait dans l’une de ses chansons : "Je ne chante pas, je ne fais que dire la souffrance que j’ai endurée». Repose en paix, Hanifa, on ne t’oubliera jamais !

Karim Kherbouche

 

  Photo : hanifa.jpg

Par Karim Kherbouche - Publié dans : Chanteuses kabyles
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Lundi 14 mai 2007 1 14 /05 /Mai /2007 00:00

                                      

Le projet d’une œuvre musicale commune de Takfarinas et de la superstar américaine de la pop music, Michaël Jackson serait-il près de se concrétiser sur le terrain ? En tout cas, on dit que les deux artistes qui s’apprécient mutuellement seraient en contact permanent et ils ne tarderont pas à passer aux choses sérieuses. Le retard de la réalisation de ce projet tant attendu notamment par les fans du chanteur algérien serait lié aux moments difficiles vécus par Michaël ces derniers temps et qui l’ont obligé à reporter ses projets artistiques.

L’idée tient à cœur également à Michaël qui lors de sa rencontre avec notre star à Johannesburg lui a exprimé toute son amitié pour notre pays et ce travail commun représente à ses yeux une manière forte d’exprimer ce sentiment. "Viva Algeria !", s’était-il écrié en s’entretenant avec Takfarinas. 

Signalons au passage que notre Tak national prépare un single dont la sortie est prévue pour la saison estivale. Par ailleurs, l’enregistrement de son nouveau produit a débuté il y a deux ans, le travail au studio avance bien, apprend-on, mais Takfa pense qu’il n’est pas encore en mesure d’avancer une date de sa sortie. Quant aux spectacles, le Roi de la yal music continue son périple international : le 8 mai, un grand concert à San Francisco, le 12 juin, il s’envolera au Canada où il est attendu par ses fans…

Karim Kherbouche     

Par Karim Kherbouche - Publié dans : L'actu' de la chanson kabyle
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Lundi 14 mai 2007 1 14 /05 /Mai /2007 00:00

Décidément, l’album de la chanteuse et psychanalyste Nadia At Mansur, "Chants soufis de Kabylie", sorti l’an dernier, n’est pas prêt de livrer tous ses secrets. La plus grande question consiste sans doute à savoir quelle corrélation il y a entre le soufisme et la psychanalyse.

 

D’après notre artiste : « La corrélation est évidente. J’ai plus qu’un simple intérêt pour le soufisme, c’est pourquoi mon métier de psychanalyste n’en est pas dissocié. Je me rattache spirituellement à la psychologie analytique telle que la pratiquaient Marie-Louise Von Franz et Carl Gustav Jung. Or, ces deux personnes vivaient une relation à l’âme et au Soi tout à fait comparable à celle vécue par les soufis ». (Carl Gustav Jung, psychiatre suisse, fondateur de la psychologie analytique ou psychologie des profondeurs. Marie-Louise Von Franz, son élève et sa collaboratrice).

 

Nadia At Mansur est aussi l’auteur de "A la recherche de l’âme, interprétation d’un conte kabyle initiatique" publié aux éditions Edisud. Son second ouvrage est intitulé "Interprétation psychologique du conte kabyle, Le Grain magique".

 

Nadia At Mansur vit actuellement à Paris où elle exerce la profession de psychanalyste. Elle est de père originaire de Tizi Hibel (le village originaire de l’écrivain Mouloud Feraoun et de la chanteuse Malika Domrane) et de mère du Berry (région du centre de la France ). Elle a bénéficié d’une formation musicale dans son enfance (solfège, piano) et elle a également appris quelques cours de chant.

 

Dans "Chants Soufis de Kabylie", Nadia est accompagnée à la guitare par Malika Ouahès qui n’est autre que son amie de longue date. Depuis toutes petites, elles chantent ensemble. Ouahès a également produit un bel album intitulé "Chants traditionnels de Kabylie". « Malika est une artiste que je qualifierais de complète : elle joue de plusieurs instruments, écrit, compose, chante, danse, le tout remarquablement », dit Nadia.

 

                                                         Karim Kherbouche

 

Par Karim Kherbouche - Publié dans : Chanteuses kabyles
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Jeudi 10 mai 2007 4 10 /05 /Mai /2007 00:00

Elle finit par nous révéler son projet secret ! Aldjia, chanteuse d’ambiance, continue de faire la fête, mais cette fois-ci dans les stades de football !

En effet, elle vient de finir le tournage d’un très beau clip d’une chanson inédite sur la JSK, le club emblématique de la Kabylie. Ce clip sera à l’écran de la chaîne de télévision berbère BRTV dans quelques jours. C’est un vibrant hommage qu’elle rend aux Canaris.

« Certes, tout comme la plupart des femmes, je ne m'intéresse pas particulièrement au foot mais lorsque c’est la JSK qui joue, je ne peux m’empêcher de suivre le match et je harcèle sans cesse mon mari et mes enfants pour m'expliquer les règles du jeu ! », dit-elle. Et toute enthousiaste, elle poursuit : « La JSK, c’est notre fierté. Là  où elle joue, n'importe où et avec n'importe qui, on la suit, on l’admire et on la soutient, terbeh negh texser ! ».

Le geste est plus que symbolique surtout en ces moments où le club fétiche de la Kabylie participe à une compétition d’une importance capitale qu’est la ligue des champions. Cette chanson et ce clip tombent donc à point nommé dans la mesure où la finalité de la compétition sportive est surtout la fête pour les supporters.

Ce qui ne manquera pas de revigorer les poulains de Ait Djoudi pour réaliser le vœu des millions de supporters. « J'espère de tout coeur que notre club mythique décroche la coupe d'Afrique et je suis persuadée qu’il en sont capables».

Enfin, Aldjia tient absolument à dédier cette chanson à toute l’équipe de la JSK, dirigeants et joueurs, aux supporters et à son village Taguemout-Oukerrouch.

Karim Kherbouche

http://www.depechedekabylie.com/read.php?id=39618&ed=MTQ5OA==

Par Karim Kherbouche - Publié dans : Chanteuses kabyles
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